Le groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC) a relâché tôt, hier matin, deux otages européens qu’il détenait depuis plus de trois mois.
Il s’agit de deux otages femmes, une Italienne et une Espagnole, âgées respectivement de 35 et 32 ans, enlevées dans deux pays différents, le Mali et la Mauritanie. Ces deux femmes sont arrivées dans la journée d’hier au Burkina Faso, pays natal de l’otage italienne, Philomène Kabouree. Cette libération a été confirmée, toujours durant la journée d’hier, par des négociateurs maliens, lesquels ont annoncé également qu’un arrangement a été conclu entre les deux gouvernements, italien et espagnol, avec les terroristes salafistes basés dans la région nord du Mali pour le dénouement de cette affaire. Toutefois, aucune autre information n’a été donnée sur l’origine ou la forme de cet arrangement gardé secret. Cependant, les négociateurs maliens issus des tribus touaregues n’écartent pas un éventuel règlement financier qui serait fort probable, soulignent-ils, derrière la libération des deux otages. Certains pensent même qu’une rançon estimée à 5 millions d’euros aurait été versée par l’Espagne et l’Italie au groupe terroriste en contrepartie de la libération des femmes otages, avec la «bénédiction» du pouvoir malien. D’autre part, les terroristes détiennent toujours trois autres otages, deux humanitaires espagnols et un autre otage italien dont la femme a été relâchée. Ces derniers seront libérés si la Mauritanie relâche dans les jours qui viennent quatre terroristes réclamés par le GSPC.
Le 28 février dernier, le GSPC avait mis en garde les gouvernements italien et espagnol qu’il allait exécuter les otages s’ils ne répondent pas positivement à ses revendications. Trois jours après, le GSPC au Sahel, dirigé par Abdelhamid Zeid alias Abou Zeid, diffuse un second communiqué sur un site Internet proche des islamistes salafistes, dans lequel il exige une rançon de 5 millions d’euros et la libération de quatre salafistes détenus en Mauritanie en contrepartie de la libération des deux otages italiens et des trois Espagnols. Sept jours après ce communiqué, le GSPC libère les deux femmes qu’il retenait depuis plus de 100 jours. Cette libération est soumise à des chantages, car il est hors de question pour Abou Zeid de libérer un quelconque otage sans percevoir de rançon. Mieux encore, le gouvernement espagnol s’est dit, il y a quelques jours seulement, prêt a payer une rançon de 5 millions d’euros pour la libération des trois humanitaires espagnols enlevés en Mauritanie il y a trois mois. Cette information a été confirmée par «El Mundo», premier journal en Espagne. Cette façon de négocier entreprise par les gouvernements européens, français, espagnol ou italien, a permis aux terroristes d’Aqmi de se reconstituer après des coups durs portés par l’armée algérienne. Un second souffle pour le GSPC dont le chef sanguinaire, Abou Zeid, doit se réjouir de telles offres. Récemment, la France et le Mali ont relâché quatre dangereux terroristes en détention au pays d’ATT. Aujourd’hui, c’est l’Espagne qui paye, demain ce sera l’Italie qui proposera ses millions d’euros aux terroristes basés au Sahel. Ainsi, c’est l’Europe qui régénère la capacité de frappe du GSPC, alors que l’ONU, dans l’une de ses résolutions avait interdit tout versement de rançon aux terroristes.