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Ce 9 juillet restera sans doute comme une date charnière dans la guerre contre Daesh: le Premier ministre irakien Haider al-Abadi a proclamé la libération de Mossoul en début d'après-midi, après une longue bataille de neufs mois opposant Daesh aux forces armées irakiennes. Tombée aux mains de la Khilafa auto-proclamée il y a trois ans, Mossoul était devenue un symbole du pouvoir de Daesh et de son chef Abou Bakr al-Baghdadi.

La reconquête de la deuxième ville d'Irak, dontLa reconquête de la deuxième ville d'Irak, dont Daesh avait fait son principal bastion dans le pays, est la plus importante victoire de Bagdad face au groupe armé depuis que Daesh s'était emparé en 2014 de vastes portions du territoire. Haider al-Abadi a publiquement félicité «le peuple irakien pour cette victoire majeure, ainsi que les combattants héroïques» de l'armée irakienne, soutenus par la coalition internationale emmenée par les Etats-Unis.

Néanmoins, la situation ne semble pas encore tout à fait stabilisée localement. Lors d'une réunion au quartier général de la police fédérale, dans l'ouest de Mossoul, le Premier ministre a ordonné «d'éliminer les derniers combattants défaits, d'établir la sécurité et la stabilité dans la ville libérée et de la débarrasser des mines et explosifs». Plusieurs journalistes rapportent en outre avoir encore entendu des tirs et des frappes aériennes dans la journée.

La libération de Mossoul est loin de marquer la fin des combats et ne présage en rien de la chute du groupe armé. «Daesh a encore largement de quoi se battre», a estimé le général américain Robert Sofge. «La libération de Mossoul va susciter une réaction» chez les combattants de Daesh, assure-t-il. Ces derniers contrôlent encore de vastes régions du territoire irakien et conservent de nombreux territoires en Syrie. Le problème est donc encore loin d'être résolu.

De plus, les neuf mois de campagne militaire ont entraîné une crise humanitaire majeure, marquée par la fuite de près d'un million de civils selon l'ONU, dont 700.000 vivent toujours déplacés. Les civils piégés dans la ville de Mossoul ont quant à eux vécu dans des conditions «terribles», subissant pénuries en tous genres, bombardements et intenses combats.

Les combats ont également été marqués par des bavures: les Etats-Unis ont par exemple décidé de recourir au phosphore blanc, ce qui avait suscité l'inquiétude de plusieurs ONG. Enfin, la ville de Mossoul, et plus particulièrement la vieille ville historique, ne sont plus qu'un vaste champ de ruine.

La crise humanitaire s'annonce, elle aussi, loin d'être résolue. Le 8 juillet, de très nombreux civils, libérés par l'avancée des forces irakiennes continuaient d'arriver dans les quartiers périphériques de Mossoul pour y être accueillis, nourris et, le cas échéant, soignés avant d'être redirigés vers des camps. Selon le général Sofge, après avoir rasé leurs barbes et changé de vêtements, des combattants de Daesh chercheraient à se fondre parmi ces réfugiés.