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Une nouvelle vidéo de propagande, d'une durée de 20 minutes et 20 secondes, intitulée «el-Djana Tahta Dhilal el-Seyouf» «الجنة تحت ظلال السيوف» «Le Paradis se trouve à l'ombre des épées», a été publiée le 2 février 2018 par El-Hayat Inside The Caliphate, le bureau médiatique de Daesh dans la province syrienne de Deir Ezzour (Province à la frontière Irako-syrienne Baptisée El-Khair par Daesh).

Cette nouvelle vidéo montrent les combats qui se déroulent dans la ville de Barakah à la rive Est du fleuve Euphrate, dernier bastion de Daesh en Syrie. Le groupe armé livre combat sur deux fronts. Il est cerné à l'ouest et au sud-ouest par les troupes Pro-Assad; et par les forces Kurdes au nord, nord-est et l'est.

La vidéo, qui est un ensemble de mini-reportages, décrit différentes combats se déroulant dans les villes de Abou Hamam, Gharanidj, el-Bahrah, Hadjine, el-Shafâa, el-Soussa et Baghouz. Elle montre également un ensemble de classiques, à savoir des attaques kamikazes, des exécutions, des combats et des histoires de bravoure à la Daesh. Mais ce qui est nouveau, c'est la diffusion d'images de femmes armées combattant côte à côte avec les hommes.

femmes_daesh.jpg Des femmes armées conduites à la bataille dans un camion

Pour information, en Islam, si un Djihad (guerre sainte) -sous certaines conditions- est décrété, il devient obligatoire pour les hommes mais pas pour les femmes. Pour Daesh, la position sociale de la femme est bien définie et clairement signifiée dans son message de propagande: «La femme est une reine dans sa maison». En d'autres mots, la femme n'a droit ni au travail ni aux déplacements. Si elle venait à sortir, elle doit s'habiller d'un Hidjab noir (Djilbab); mains, pieds et visage couverts d'un double voile jusqu'à la taille. de plus, elle doit être obligatoirement accompagnée d'un homme très proche (mari, père, frère ou fils) ou d'une autre femme. Dans le cas contraire, c'est 25 coups de fouet en public.

Compte tenu des restrictions infligées aux femmes, le dévoilement de la présence de combattantes sur le front, témoigne du désespoir grandissant du groupe armé à mesure que son territoire et ses forces de réserve diminuent. Cela dit, la fin de Daesh n'est pas pour demain. Les derniers développements en Irak et en Syrie, tel-que l'intervention turque contre les kurdes au nord de la Syrie; l’opposition de l'Irak à la formation d'un Etat Kurde au nord de l'Irak, l’acharnement de Assad soutenu par la Russie, à vouloir détruire à Homs les poches du Front Al-Nosra ennemie juré de Daesh, ainsi que la mésentente sur l'unité du territoire syrien entre les Forces Démocratiques Syriennes (FDS) avec le YPG (Unités de protection du peuple Kurde) soutenus par les Etats-unis, vont donner une pause à Daesh. Le groupe armé va sans aucun doute profiter des conflits qui opposent ses adversaires pour se restructurer et réorganiser son retour.

Même si Daesh venait à disparaître en tant que structure militaire, le groupe armé restera, dans les registres de l'histoire et les études politico-militaires, comme étant le petit groupuscule qui a défié les plus grandes puissances mondiales; une machine de guerre bâtie par une efficace propagande née dans une cellule de prison.


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