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L'annonce a été faite après que la grève pacifique «pour la dignité», menée par les travailleurs de Sonelgaz en mars, et appelant au respect et à l'augmentation des salaires, se soit heurtée à la violence des forces de sécurité. Plus de 400 personnes ont été arrêtées, parmi lesquelles des responsables syndicaux et le président du syndicat SNATEGS, Mellal Raouf. Tous ont été libérés par la suite. Néanmoins, nombreux sont ceux qui ont signalé avoir été frappés par la police.

Le 31 mars, la police a empêché quelque 200 syndicalistes à participer à une réunion en bloquant l'entrée du siège du syndicat SNATEGS à Bab Ezzouar. Les syndicalistes, qui ont raconté avoir été insultés verbalement par la police, ont dû se réunir dans la rue, où ils ont été photographiés et filmés à leur insu.

A la réunion, SNATEGS a pris la décision d'organiser en avril une grève nationale à la deuxième plus grande entreprise du pays.

«SNATEGS appelle à nouveau le gouvernement à intervenir et à mettre fin à ces violations quotidiennes du droit par les forces de police, à affirmer la reconnaissance des libertés syndicales en Algérie et à respecter les engagements internationaux en vue d'assurer un vrai pluralisme syndical et une véritable démocratie en Algérie», tel qu'indiqué dans le communiqué du syndicat SNATEGS.

mellal_raouf.jpg Photo: Mellal Raouf

Malgré l'opposition de Sonelgaz, SNATEGS a réussi à organiser plus de 30.000 travailleurs dans 27 sites différents de la compagnie, et le syndicat appelle à une mobilisation massive pour cette deuxième «grève pour la dignité».

Le président du syndicat SNATEGS, Raouf, subit des pressions de la part des autorités depuis qu'il a dénoncé une vaste corruption à la Sonelgaz. En décembre 2016, Raouf a été condamné, par contumace, à six mois d'emprisonnement après avoir révélé la surfacturation illégale de l'électricité par Sonelgaz durant une décennie.