Le père de Belfodil se confie à Compétition: «Ishak n’a pas encore dit non à l’Algérie»
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» publication : mercredi 15 avril 2009
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résumé:
De prime abord, Benaouda Belfodil, le père du très prometteur avant-centre de l’O Lyon, Ishak, qui vient d’être convoqué en équipe de France des moins de 17 ans, tient à apporter une précision qu’il juge de taille : «Sa famille n’a jamais renié l’Algérie et elle ne le fera jamais.»
commentaire:
- On vient de voir sur le site de la FFF que votre fils vient de recevoir une convocation de l’équipe de France des moins de 17 ans. D’abord, a-t-il répondu à l’appel ?
- Je ne vois pas pourquoi il ne répondrait pas à cette convocation. Ishak est un footballeur qui a toujours joué en France, contrairement à la rumeur qui le donne comme étant un joueur natif de Sétif et qui a fait ses débuts à l’ESS.
- Ce n’est donc pas le cas ?
- Bien sûr, c’est archi-faux. D’abord, on est originaire de Mostaganem, ensuite, je pense que cette rumeur peut avoir comme origine le lien d’amitié qui me lie à Serar, le président de l’ESS. Je crois qu’il aurait évoqué notre amitié dans une assemblée, ce qui a fait croire à certains que les Belfodil sont de Sétif.
- Mais vous n’avez pas toujours vécu en France ?
- Non. On est venu en 2000. Ishak avait à peine 7 ans. Il a fait ses débuts footballistiques ici en France. Il n’a jamais joué en Algérie. Sa carrière, c’est en France qu’il est en train de la faire. Ce n’est pas pour me vanter, mais c’est pour faire taire la rumeur qui disait qu’il est formé en Algérie et à présent, la France le convoque et il tourne le dos au pays. Moi, je dis basta. Personne ne peut contester notre algérianité. Nous sommes est Algériens et fiers de l’être. A la maison, on parle l’arabe couramment. Comment voulez-vous qu’aujourd’hui, on tourne aussi facilement la veste.
- Mais votre fils a refusé de jouer pour l’Algérie qui l’avait sollicité avant la France.
- C’est faux. Ni mon fils, ni moi d’ailleurs, n’avions refusé la convocation de la sélection algérienne. C’est son club employeur qui a émis son véto.
- Comment ça ?
- D’abord, à l’époque où j’avais reçu M. Medane chez moi, je lui avais expliqué que Ishak avait un engagement avec l’O Lyon qu’il doit scrupuleusement respecter. Même moi, son père, je ne pouvais pas le forcer à venir jouer pour l’Algérie. Il avait un contrat à respecter.
- Et que dit ce contrat ?
- Le contrat est clair. Le joueur est à la disposition du club. C’est ce dernier qui prend tout en charge y compris sa scolarité. Les jeunes de l’OL sont inscrits dans un lycée sportif et ils doivent obligatoirement être bons aussi bien sur le plan sportif que scolaire. D’ailleurs, même si je le force à aller jouer la CAN, c’est l’avenir de mon fils que je vais compromettre. Il sera, ni plus ni moins, exclu et des études, et du club. A l’époque où se déroulait la CAN, mon fils avait des examens scolaires à subir, il prépare son bac. Et puis, il y a une convention signée avec le ministère de l’Education et que tous les clubs doivent respecter. L’absentéisme n’est pas toléré. Alors si Ishak était parti en Algérie, il aurait perdu un mois d’étude et cela aurait eu une répercussion négative sur son cursus scolaire pour ne pas dire pire.
- Donc c’est l’OL qui a refusé de le libérer ?
- Absolument et les responsables de l’EN algérienne peuvent vous le confirmer. Je leur ai dit que, me concernant, il n’y avait aucun problème, mais il fallait voir avec le club s’il était disposé à le libérer ou non. La direction de l’OL a refusé et moi je n’y pouvais rien.
- En décidant maintenant de répondre à la convocation des U17 français, peut-on dire que Ishak est perdu pour l’Algérie ?
- Non. Ce n’est pas encore le cas. Il a 17 ans et il a encore le temps devant lui pour faire son choix. Je pense que les règlements de la FIFA parlent de 21 ans pour les joueurs qui ont deux ou plusieurs nationalités pour faire leur choix définitivement. D’ici cet âge, mon fils a la latitude de faire le choix qui lui conviendra.
- Allez-vous l’influencer pour opter pour l’Algérie ?
- Ce n’est dans mes habitudes d’imposer à quiconque quoi que ce soit fut-il à mon fils. D’ailleurs, avant qu’il n’opte pour Lyon, plusieurs clubs m’ont sollicité pour le faire signer chez eux et j’ai refusé. J’ai dit que ce choix incombe à Ishak et à lui seul. D’ailleurs, il m’a mis dans la gêne lorsque les gens de l’ASSE ont fait intervenir Rachid Mekhloufi pour me convaincre de leur céder Ishak. J’ai tenu à ce grand monsieur le même discours que je suis en train de tenir avec vous. Je lui ai dit que j’admire Saint Etienne et je vous admire, vous, plus que les autres, mais je ne peux forcer mon fils à faire quelque chose contre son gré. Ishak a choisi l’OL, car il a jugé que c’est dans ce club qu’il va s’épanouir.

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