Hervé Renard (Ent.<wbr /> Zambie): «Algériens, la qualification même pour la CAN sera difficile»
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» publication : lundi 06 avril 2009
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résumé:
L’entraîneur français de la Zambie, Hervé Renard, n’est même pas rentré chez lui en Hexagone pour souffler un peu après l’excellent résultat ramené d’Egypte la semaine dernière.
commentaire:
- Votre équipe a carrément fait un match époustouflant au Caire, vous attendiez-vous à cette prestation de vos joueurs ?
- Je ne vous cache pas qu’au vu de notre performance lors de la CHAN où nous avions terminé troisièmes, je savais pertinemment que nous avions un bon potentiel avec notamment de bons éléments. D’ailleurs, parmi eux, cinq ont fait le voyage en Egypte. En tant qu’entraîneur de cette équipe, j’avais bien conscience qu’il y avait de la qualité, ce que peut-être beaucoup ignoraient et c’est ce qui a fait que notre résultat nul au Caire en a surpris plus d’un.

- Et votre analyse du match ?
- Pour revenir à cette rencontre, je dirai que nous avons su contrer les Egyptiens, puisque nous avons réussi à les déjouer en les pressant assez haut. En fait, on les a empêchés de développer leur jeu habituel, ce qui les a considérablement gênés. Il est vrai que sur le papier, c’est facile de dire aux joueurs voici la manière avec laquelle on peut bloquer l’Egypte, mais faut-il l’appliquer sur le terrain. C’est pour cela que je rends hommage à mes éléments qui ont bien joué le coup.

- Justement, sur le plan tactique, vos éléments étaient tout simplement impressionnants…
- Comme je vous l’ai déjà dit, nous avons fait une très bonne CHAN et nous aurions même pu gagner le trophée si la chance avait été de notre côté. D’ailleurs les deux défenseurs centraux ainsi que le milieu de terrain défensif titulaires au Caire ont joué cette CHAN. C’est en gros notre base défensive. Aussi, le fait d’avoir de bons éléments sur place ici en Zambie a relancé une concurrence très saine au sein de mon effectif. Du coup, les joueurs professionnels qui étaient certains d’être titulaires ne le sont plus. Donc, croyez-moi, ceux qui rentrent sur le terrain ont faim de jouer. C’est ce qui explique entre autres la grosse partie et la grande discipline sur tous les plans, notamment tactiquement, de mes éléments face à l’Egypte.

- Néanmoins, vous avez quand même eu un peu de mal à rentrer dans le match lors des premières minutes de jeu…
- Tout à fait, surtout que nous avons eu une très belle occasion d’ouvrir le score lors des premières cinq minutes de jeu. Mais au fur et à mesure que les minutes défilaient, mes joueurs retrouvaient leurs marques. A partir de là, je peux dire que, tactiquement, on les a empêchés de jouer. D’ailleurs, je pense que tout le monde est unanime sur le fait que nous étions très bons en deuxième période. Nous avons eu même des occasions franches où nous aurions pu inscrire d’autres buts. Mais malheureusement l’efficacité nous a fait défaut, puisque nous avons marqué seulement un but sur une balle arrêtée.

- Ce qu’on a constaté aussi, c’est qu’en aucun cas vos joueurs n’étaient impressionnés dans un stade archicomble…
- Vous savez, cette équipe égyptienne est pétrie de qualités, et si nous l’avions regardée jouer, on aurait perdu au moins par cinq buts à zéro. Vous savez, nous avions tout à gagner et rien à perdre puisque c’est l’Egypte qui était le grand favori dans ce match. Si nous avions perdu 3 à 0, tout le monde aurait trouvé ça normal. Par contre en enregistrant un nul, vous avez bien vu que c’était la grosse surprise, sauf pour moi qui connais les capacités de mes joueurs.

- Sur le plan physique, vos joueurs étaient bien meilleurs que les Egyptiens. Avez-vous effectué une préparation spécifique pour ce match ?
- Le match s’est joué dimanche et nous nous sommes regroupés le lundi d’avant. Il est donc impossible de préparer physiquement des éléments en si peu de temps. On a la chance que nos joueurs soient bien préparés au sein de leurs clubs. Maintenant, concernant les cinq qui ont disputé la CHAN et qui composent notre assise défensive, c’est vrai qu’ils sont très bien physiquement. Mais certes, j’avoue que mes éléments opèrent avec beaucoup de vitesse et sont capables de changer de rythme à n’importe quel moment du jeu. Il faut savoir aussi que notre équipe est très jeune avec une moyenne d’âge de 22 ans, c’est bien évidemment un très grand atout.

- Même si cela fait dix mois que vous êtes à la tête de cette sélection, le mérite vous revient aussi dans ce match…
- Il faut savoir que c’est mon premier grand match à ce niveau de la compétition, car comme vous venez de le dire, je suis l’entraîneur de la Zambie depuis dix mois seulement. Bon, face à l’Egypte, le résultat était en notre faveur, et du jour au lendemain je suis devenu grand. Maintenant, dans le cas d’un échec à domicile, je deviendrai le coach le plus mauvais. Mais bon, il faut faire avec, c’est ça un coach. Permettez-moi juste de préciser une chose…

- Oui, allez-y…
- Beaucoup de personnes ont trouvé notre résultat surprenant, mais je voudrais dire que nous avons quand même terminé premier de notre groupe dont le Togo faisait partie, et vous avez bien vu le résultat de cette nation qui a battu le Cameroun alors que personne ne s’y attendait. Mais bon, le match de l’Egypte est terminé et à présent le plus dur reste à faire.

- Vous avez certainement du regarder le match de l’Algérie face au Rwanda, qu’en avez-vous pensé ?
J’ai trouvé l’équipe d’Algérie bien en place défensivement et très prudente face à une équipe rwandaise qui a quand même eu de bonnes occasions pour gagner ce match. Je pense que les Rwandais n’ont pas osé car il pouvait gagner et la même chose aussi pour l’Algérie. En tous cas, j’ai été agréablement surprise par la prestation du Rwanda avec qui il faudra compter dans ce groupe.

- Vous voulez dire que tout le monde a encore sa chance dans ce groupe ?
- Oh que oui et ça sera une très grave erreur que de dire que le Rwanda sera le dernier de ce groupe. Les places seront chères même pour la CAN et notre groupe sera ouvert jusqu’au dernier moment. A mon avis, toutes les équipes auront leurs chances pour la CAN qui aura lieu en Angola.

- Vous avez quand même un favori?
- Le grand favoris pour moi reste l’Egypte et juste derrière l’Algérie. Maintenant, sur le terrain et comme vous avez pu le constater, la réalité est toute autre.

- Avec le nul ramené d’Egypte, vos objectifs ont-ils été revus à la hausse?
- Non pas du tout. Notre objectif principal demeure une qualification pour la Coupe d’Afrique. Il reste encore cinq matchs à jouer et rien n’est encore fait. Donc attention même au Rwanda.

- Avez-vous choisi le stade de Chililabombwe à cause de la pression ?
- Non pas du tout. Nous avons choisi ce stade pour la simple raison que c’est le seul actuellement qui est homolgué par la FIFA. Le grand stade de Lusaka est fermé pour des travaux et tous les autres ne répondent pas aux normes. Donc c’est pour cette raison que les responsables de la fédération ici ont opté pour ce stade. En fait, ils n’avaient pas trop le choix.

- On croit savoir que cela fait quelques mois que vous n’avez pas été payé. Que se passe t-il au juste ?
- Il est vrai que depuis le mois décembre dernier, je n’ai pas perçu mes salaires (deux mois et demi). La raison est que qu’il y a un sponsor qui devait me régulariser mais qui est partie. Mais bon le président de la république a intervenu dans ce sens afin de faire bouger les choses, et donc je ne m’inquiète pas outre mesure, car je sais pertinemment que ça se fera. Vous savez, je débute à peine ma carrière en tant que sélectionneur national et j’ai donc besoin de d’apprendre pour grandir. J’estime qu’il ne faut pas focaliser ce genre de détails.

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