Bouteflika règle l’affaire Belloumi
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» publication : mercredi 01 avril 2009
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Tout le monde connaît l’histoire de l’agression commise par un joueur algérien au lendemain de la défaite des Verts en Egypte en 1989 et imputée à Belloumi sur instruction d’Alger (à l’époque Belloumi était une icône dans les pays arabes et son arrestation aurait constitué un incident diplomatique). Des assurances ont été données à Belloumi ; mais une fois à Alger, l’affaire a été complètement ignorée et les poursuites judiciaires entamées en Egypte par la victime n’ont jamais été prises au sérieux. Des convocations de la justice égyptienne atterrissaient régulièrement au bureau de la Fédération algérienne, mais terminaient souvent leur route dans la poubelle du coin.
commentaire:
Des poursuites jamais prises au sérieux
Tout le monde connaît l’histoire de l’agression commise par un joueur algérien au lendemain de la défaite des Verts en Egypte en 1989 et imputée à Belloumi sur instruction d’Alger (à l’époque Belloumi était une icône dans les pays arabes et son arrestation aurait constitué un incident diplomatique). Des assurances ont été données à Belloumi ; mais une fois à Alger, l’affaire a été complètement ignorée et les poursuites judiciaires entamées en Egypte par la victime n’ont jamais été prises au sérieux. Des convocations de la justice égyptienne atterrissaient régulièrement au bureau de la Fédération algérienne, mais terminaient souvent leur route dans la poubelle du coin.

Octobre 2006, Interpol se saisit de l’affaire
La justice faisait son travail normalement et franchissait les étapes administratives implacables jusqu’à ce que Belloumi apprenne la mauvaise nouvelle. Désormais, il ne peut plus quitter le pays sous peine d’être arrêté par Interpol. Cela s’est passé en octobre 2006 lors d’un voyage au Emirats arabes unis, mais les autorités émiraties ont refusé que la star algérienne soit arrêtée sur leur territoire et Belloumi est rentré à Alger pour apprendre de la bouche d’un responsable de la police des frontières qu’un mandat d’arrêt international venait d’être lancé à son encontre. Depuis cette date, il n’a plus quitté le pays.

L’initiative du Buteur et d’El Heddaf remet l’affaire sur le tapis
Depuis octobre 2006, Belloumi a frappé à toutes les portes sans que personne, même pas ceux qui lui avaient donné des assurances en 1989, ne daigne lui porter aide et assistance. Devant la détresse de l’un des meilleurs footballeurs que l’Algérie a enfanté, Le Buteur et El Heddaf ont pris l’initiative de tenter un premier rapprochement entre des représentants des deux Etats algérien et égyptien lors de la dernière cérémonie du Ballon d’Or au Hilton. C’était le déclic et les responsables du sport algériens, chacun dans son domaine, ont relancé les négociations avec les Egyptiens, notamment la victime. Et là, il faut saluer les efforts de M. Mustapha Berraf, président du COA, M. Mohamed Raouraoua alors vice-président de l’Union arabe de football. Au moment où tout convergeait vers la solution du problème, des déclarations maladroites du médecin victime ont tout bloqué.

Le ministre des Affaires étrangères se saisit du dossier
Il a fallu attendre la visite du président de la République, M. Abdelaziz Bouteflika, pour que le problème de Belloumi devienne une affaire d’Etat. Ce n’était pas encore la campagne électorale, c’était juste une visite d’Etat au cours de laquelle M. Bouteflika a encensé certains sportifs présents, à l’instar des champions olympiques Boulmerka, Morceli, Benida Merrah et autres. Belloumi y était, c’était donc une occasion extraordinaire d’exposer au Président le problème. M. Berraf, président du COA, a improvisé une rencontre entre Belloumi et des conseillers du Président qui ont promis d’en parler à Bouteflika. C’était chose faite puisque dans la semaine qui a suivi, le président de la République en personne a donné des instructions au ministère des Affaires étrangères pour régler l’affaire dans les plus brefs. Le coup de fil de Medelci à Belloumi a été le début de la solution.

Bouteflika à Belloumi : «L’Algérie ne t’abandonnera pas»
Entre-temps, un voyage secret a été organisé par le ministère des Affaires étrangères le 24 mars dernier. C’est M. Mustapha Berraf qui a chargé de discuter avec son homologue du Comité olympique égyptien M. Mounir Thabet et en présence de la victime pour trouver une solution définitive au problème. Même si aucune partie n’a voulu aborder le sujet, un dédommagement financier a été négocié. Le 28 mars, M. Abdelmounaïm Ahmed Abdelhadi a rédigé une lettre dont Le Buteur détient une copie (voir ci-contre) dans laquelle il annule toutes les poursuites judiciaires et sollicite le procureur général du Caire à l'effet de mettre un terme au mandat d'arrêt international d'Interpo lancé à l’encontre de Lakhdar Belloumi. Bien avant le déplacement de Berraf en Egypte, le président de la République avait déjà rassuré Belloumi lors de sa visite de campagne à Sétif en lui disant : «L’Algérie ne t’abandonnera pas.» Jeudi passé à Oran (voir photo), M. Bouteflika a définitivement rassuré Belloumi en lui affirmant avec certitude : «Tu peux considérer mon fils que ton problème est réglé.»

La solution scellée lors du sommet arabe de Doha
Après le règlement de l’affaire entre les comités directeurs des deux pays, la solution a été scellée hier au sommet arabe de Doha entre M. Medelci qui s’est saisi de l’affaire sur instruction du Président et M. Amr Moussa, ministre des Affaires étrangères égyptien. M. Berraf pouvait enfin s’exprimer sur le sujet en disant notamment : «L'affaire a enfin connu son dénouement, un dénouement heureux pour les deux parties.»

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