Njeukam (JSM Béjaïa): «J’ai vu la mort»
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» publication : mercredi 01 avril 2009
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résumé:
Rencontré sur son lit d’hôpital, le portier béjaoui, Bruno Njeukam, qui a été victime d’une agression à l’arme blanche samedi soir à la cité universitaire de Béjaïa, nous raconte ce qui s’est passé dans l’entretien qui suit.
commentaire:
Rencontré sur son lit d’hôpital, le portier béjaoui, Bruno Njeukam, qui a été victime d’une agression à l’arme blanche samedi soir à la cité universitaire de Béjaïa, nous raconte ce qui s’est passé dans l’entretien qui suit.

- Tout d’abord, comment ça va ?
- Dieu merci, tout va bien, il y a eu plus de peur que de mal, même si ce qui m’est arrivé est grave. Mais bon, je m’en sors à bon compte, c’est l’essentiel.
- On a été surpris d’apprendre que vous avez été agressé à l’arme blanche samedi soir. Que s’est-il passé au juste ?
- C’est vrai, j’ai reçu un sérieux coup de couteau au bras qui a nécessité mon transfert en urgence à l’hôpital.
- On a appris que cela s’est passé à la cité universitaire de Béjaïa dans la soirée de samedi, qu’en est-il au juste?
- Exact.
- Que faisiez-vous là-bas, alors que dimanche, vous deviez effectuer un déplacement à El-Eulma avec votre équipe ?
- Comme vous le savez, depuis que j’ai rejoint la JSMB, de nombreux étudiants africains sont devenus à travers moi, des supporters de la JSMB. Ils viennent même souvent au stade pour nous supporter. Comme, c’est la période des vacances, certains amis étudiants africains m’ont invité à assister à un tournoi de football organisé dans l’enceinte même de la cité universitaire durant lequel je devais remettre un trophée au gagnant. Comme ils ont insisté, je n’ai pas pu dire non.
- Et ensuite ?
- J’ai donc répondu à leur sollicitation pour leur faire plaisir surtout que de leur part, ils ne ratent pas une seule occasion de venir supporter la JSMB. Une fois le match du tournoi de football auquel j’ai assisté avec mes potes terminé, je m’apprêtais à rentrer chez moi, mais encore une fois, ils m’ont convié à rester avec eux pour voir ensemble la rencontre Lituanie-France. Ce que j’ai fait. A la fin du match, en quittant la chambre où nous étions, nous avons rencontré d’autres étudiants africains au niveau de la cours de la cité U qui discutaient de la défaite du Cameroun face au Togo. Comme ça concernait la sélection de mon pays, je me suis quelque peu attardé avec eux en compagnie de mes autres potes. A un moment donné, on nous a balancé des bouteilles au-dessus de nos têtes. Un ami a protesté, et nous craignions que cela continue surtout qu’il faisait sombre. On pensait donc que cela allait s’arrêter là, malheureusement, un groupe d’étudiants est descendu des chambres, apparemment, et s’en est pris à nous. Dans la mêlée, je voulais m’interposer, en voulant éviter que la bagarre ne prenne de l’ampleur, que j’ai reçu un violent coup de couteau au niveau de l’épaule.
- Et que s’est-il passé ensuite ?
- J’ai tellement perdu de sang que j’ai perdu connaissance. Lorsque je me suis réveillé, je me suis retrouvé à l’hôpital entouré par certains amis qui sont restés à mon chevet après ce qui s’est passé.
- De quoi souffrez-vous ?
- J’ai une importante plaie au niveau de l’épaule. Une plaie qui a nécessité la pause de 10 points de suture. Le médecin m’a dit que je l’ai échappé belle, car la plaie en question était assez profonde, c’est pourquoi j’ai perdu beaucoup de sang. Il m’a même affirmé qu’heureusement pour moi, que la veine n’a pas été touchée, il manquait très peu pour qu’elle le soit et cela aurait été beaucoup plus grave pour moi.
- Quelle était la réaction des dirigeants, du staff technique et de vos coéquipiers en apprenant la nouvelle ?
- Au départ, je n’ai pas voulu les alerter et ce, afin de ne pas perturber le groupe la veille du départ de l’équipe à El-Eulma. Mais le lendemain après que les dirigeants l’eurent su et après que l’équipe fut arrivée à El-Eulma, tout le monde a appris la nouvelle. J’ai reçu de nombreux appels que ce soit de la part des dirigeants, membres du staff technique ou des joueurs. Beaucoup parmi mes connaissances sont venus me voir à l’hôpital. Je tiens vraiment à remercier tout le monde pour le soutien qu’on ne cesse de m’apporter. C’est le mektoub, on n’y peut rien. Ça devait arriver, comme on dit.
- Quand allez-vous quitter l’hôpital ?
- En principe, ce mardi (ndlr, aujourd’hui), selon le médecin.
- Peut-on dire que la saison est compromise pour vous à présent ?
- Franchement, pour le moment je ne peux rien vous dire, du moment que moi-même, je ne le sais pas, mais c’est clair, j’en saurai plus dans les tous prochains jours avec le médecin qui m’a pris en charge à l’hôpital et le staff médical du club. J’espère pouvoir m’en remettre rapidement, sinon je dirai, heureusement qu’il y a Saoula. Je suis vraiment désolé pour mon équipe, et je suis personnellement vraiment meurtri, surtout que je suis sur une courbe ascendante. Mais bon, parfois le destin réserve de mauvaises surprises.
- Votre famille est-elle au courant ?
- Ils ont appris la nouvelle, je leur ai parlé au téléphone et je les ai rassurés. Pas de problèmes de ce côté-là.
- Qu’en est-il de votre agresseur ?
- J’ai déposé plainte contre X, car celui qui m’a poignardé a pris la fuite et comme il faisait sombre, ceux qui étaient en ma compagnie n’ont pas réussi à mettre la main dessus. J’espère que l’enquête policière dévoilera l’identité de mon agresseur.
Merci à Compétition d’être passé s’enquérir de mon état de santé.
- C’est la moindre des choses, et prompt rétablissement…
- Merci à vous.

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